0

La retraite de la politique macroéconomique

BERKELEY – L’une des choses troublante dans l’étude de l’histoire économique est comment les choses qui adviennent dans le présent modifient le passé – ou du moins notre compréhension du passé. Depuis des décennies, j’enseigne en toute confiance à mes étudiants l’ascension de gouvernements qui assument la responsabilité pour l’état de l’économie. Mais la réaction politique à la Grande Dépression a modifié la façon avec laquelle nous devrions réfléchir à cette question.

Les gouvernements d’avant la première guerre mondiale – et plus encore ceux de l’entre-deux-guerre – ne se sont pas donné pour mission de réduire le chômage en période de déclin économique. Il y avait trois raisons à cela, chacune d’elles ayant disparu avant la fin de la seconde guerre mondiale.

Tout d’abord, il y avait un très gros lobby de la monnaie métallique : un nombre conséquent de personnes riches, socialement influentes et politiquement puissantes dont les investissements étaient principalement en obligations. Une utilisation de capacité élevée ou un chômage faible leur importait peu, mais la stabilité des prix, beaucoup. Ils voulaient de l’argent sonnant et trébuchant par dessus tout.

Deuxièmement, les classes ouvrières, qui furent les plus touchées par la hausse du chômage, n’avaient généralement pas voix au vote. Où s’ils l’avaient, leurs représentants et eux-mêmes ne savaient pas bien comment ils pouvaient tirer bénéfice des politiques de stimulation du gouvernement pour modérer les replis économiques, et quoi qu’il en soit, aucun moyen d’atteindre les leviers de pouvoir.