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Le G20 à Séoul : les occasions à saisir

SÉOUL – Les prétentions démesurées sont souvent à l’origine de désastres. La cause première de la crise financière actuelle tient à un orgueil intellectuel qui a pris la forme d’une croyance aveugle dans l’idée que les marchés financiers résoudraient d’eux-mêmes leurs problèmes et contradictions internes. Trente ans après la révolution conservatrice de Thatcher et Reagan, le pendule idéologique commence à osciller dans la direction opposée.

Au cours des cent dernières années, chaque fois qu’une modification aussi profonde de la perception des relations entre l’État et le marché a eu lieu, elle a provoqué un bouleversement politique et économique majeur.  La Première guerre mondiale a par exemple marqué la fin du laissez-faire libéral du XIXe siècle et introduit une période de systèmes économiques dans lesquels l’État était plus interventionniste. La Grande Dépression et la Seconde guerre mondiale ont eux marqué le début du système de Bretton Woods avec une relation entre État et marché plus équilibrée.

De même, la crise financière mondiale de 2008 a mis fin à trois décennies de néolibéralisme caractérisées par le libre échange et la mondialisation financière. Nous ne savons pas encore quelle sera la nature de la période qui s’ouvre devant nous. Nous pouvons par contre être certains du fait que l’économie mondiale subit aujourd’hui une transition capitale et que les anciennes méthodes ne feront plus l’affaire.

Dans cette période de grande incertitude, la principale question est de savoir s’il est possible d’opérer une transition vers un nouveau modèle sans déstabiliser davantage l’ordre politique et économique international. Des signes de tensions économiques sont déjà manifestes, avec notamment la « guerre des devises » entre les Etats-Unis et la Chine, et sa propagation à d’autres pays.