0

La morale de la peine capitale

On reproche souvent aux États-unis leur refus d'abolir la peine de mort. Nombreux sont ceux à prétendre aujourd'hui que l'abolition de la peine capitale est une condition nécessaire pour établir un système civilisé de droit pénal. Le prix Nobel Gary Becker n'est pas de cet avis.

Les gouvernements européens sont résolument opposés à la peine de mort – l'Union européenne l'interdit complètement, et certains Européens considèrent que son utilisation aux États-unis relève de la barbarie. En fait, de nombreux intellectuels européens estiment que la peine capitale, et toute peine en général, ne dissuade pas les criminels.

Mais alors que les Européens, avec des taux de criminalité bien inférieurs à ceux des États-Unis lors du dernier demi-siècle, ont pu pendant longtemps se permettre une certaine “douceur” à l'égard de la plupart des crimes, il ont vu leur taux de criminalité augmenter de façon brutale au cours des vingt dernières années. Au contraire, les taux américains ont chuté en partie grâce à l'utilisation accrue des châtiments.

La peine capitale en fait partie. Je suis pour l'exécution de certaines personnes accusées de meurtre car, et pour cette raison seulement, je crois que cela empêche d'autres meurtres. Si je n'en étais pas convaincu, je serais opposé à la peine capitale, car la vengeance et d'autres motivations possibles ne doivent pas servir de fondement à une politique publique.