Les mauvais indicateurs de la richesse mondiale

CAMBRIDGE – Malgré les nombreux succès enregistrés dans l’instauration d’une économie mondiale plus stable et plus intégrée, le nouveau rapport du Groupe de haut niveau du secrétaire général des Nations unies sur la viabilité mondiale& –& «& Pour l’avenir des hommes et de la planète& : choisir la résilience& » –& reconnaît l’échec, l’incapacité même, de l’ordre mondial actuel à mettre en œuvre les changements radicaux nécessaires à une vraie «& durabilité& ».

Le rapport du Groupe présente son idéal «& d’une planète viable, d’une société juste et d’une économie en expansion& », ainsi que 56 recommandations politiques pour atteindre ces objectifs. Il s’agit sans doute de l’appel international le plus éminent à ce jour en faveur d’une refonte draconienne de l’économie mondiale.

Mais malgré la richesse de son contenu, ce rapport manque singulièrement de solutions concrètes et pratiques. Sa recommandation à court terme la plus intéressante – le remplacement des indicateurs actuels du développement (PIB et autres variantes du même ordre) par des mesures plus détaillées et inclusives de la richesse – semble presque avoir été ajoutée après coup. Sans une action internationale rapide et décisive pour donner la priorité à la durabilité par rapport au statu quo, ce rapport risque de connaître le même sort que son prédécesseur de 1987, le novateur rapport Brundtland, qui avait le premier avancé le concept de développement durable, également appelé à un changement de modèle économique, pour être ensuite oublié.

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