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Les islamistes modernes du Maghreb

FEZ – Il y a tout juste un peu plus d’un an, le Printemps arabe déclenchait un changement considérable dans le monde arabe. Les manifestations populaires ont amené au pouvoir un ensemble de partis ouvertement islamistes, qui ont remplacé des régimes précédents largement laïques. Ce que tout cela va signifier pour ces pays, et pour la région, constitue une des questions géopolitiques les plus importantes du moment.

En Afrique du Nord, deux partis islamistes ont pleinement accédé au pouvoir par des élections démocratiques : al-Nahda (Renaissance) en Tunisie, pays berceau du Printemps arabe, et le Parti de la justice et du développement (PJD) au Maroc, tous deux désormais à la tête des nouvelles coalitions gouvernementales.

Si la révolution populaire a produit un changement de régime en Tunisie, le Marco a quant à lui connu une transformation paisible qui a conservé la monarchie. En juillet dernier, les Marocains ont voté massivement en faveur d’une nouvelle constitution qui a transféré le pouvoir exécutif du roi au Premier ministre, lequel sera désormais entièrement responsable de l’équipe gouvernementale, de la fonction publique, et de l’application des politiques du gouvernement.

Le roi conserve un certain nombre de prérogatives, telles que les pouvoirs de nomination du Premier ministre (issu du parti majoritaire au parlement) et de chef des armées. Par ailleurs, tout comme les chefs d’État d’autres régimes parlementaires, il jouit du droit de nomination des ministres du gouvernement et des ambassadeurs, de dissolution du parlement, et de remaniement ministériel.