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Les limites de la décence

JERUSALEM – Tous les vendredi après-midi depuis plus d’un an, des centaines de Juifs israéliens se sont réunis sur une petite place poussiéreuse au milieu de la zone arabe de Jérusalem Est. Il y a aussi quelques Palestiniens dont un couple de jeunes garçons qui vend des jus d’orange frais. Les gens se réunissent dans le quartier de Sheikh Jarrah pour protester contre l’éviction de familles palestiniennes de leur domicile pour laisser la place aux colons israéliens.

Ces évictions sont humiliantes, parfois violentes, et effraient les autres familles palestiniennes – qui sont elles aussi en danger de perdre leurs maisons. Les étudiants israéliens ont été les premiers à organiser un mouvement de protestation, connu sous le nom de Mouvement de solidarité Sheikh Jarrah, et ont été suivis par des professeurs réputés, des romanciers connus, et un ancien procureur général, entre autres.

La police israélienne a dans un premier temps utilisé la force contre les manifestants, même si ces manifestations sont parfaitement légales en Israël. Cela a provoqué un tel tollé que la police s’est retirée, tout en continuant de bloquer la route pour permettre l’emménagement des nouveaux colons. Tout ce que les manifestants peuvent faire est de brandir leurs pancartes, taper sur leurs tambours, entonner des slogans et démontrer leur solidarité rien qu’en se déplaçant.

Le contexte de ces évictions n’est pas à proprement parler très clair. Certains Juifs vivaient dans ce quartier avant d’être évincés lors de la guerre d’indépendance israélienne. Un bien plus grand nombre de Palestiniens furent expulsés au même moment des quartiers de Jérusalem Ouest et ont trouvé de nouvelles maisons dans des quartiers comme celui de Sheikh Jarrah, qui tombât sous juridiction jordanienne jusqu’à ce que les Israéliens le reprennent en 1967.