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La dimension mondiale de la crise européenne

WASHINGTON – Il est maintenant acquis que la crise de la zone euro se poursuivra pendant une bonne partie de 2012, malgré le rétablissement des bourses mondiales début février. Les négociations entre les banques et le gouvernement grec au sujet de la dette souveraine de ce pays peuvent encore aboutir, mais le niveau de participation des banques dans l’accord prévu semble très insuffisant. Dans le même temps, le Fonds monétaire international (FMI) a évoqué la possibilité d’une participation du secteur public à l’effacement partiel de la dette, notamment par la Banque centrale européenne (BCE), envoyant par là un message disant que la décote substantielle acceptée par les créanciers privés de la dette hellénique ne suffirait pas pour rétablir la viabilité financière de la Grèce.

Les préoccupations du FMI sont légitimes, mais cette proposition du Fonds est confrontée à une opposition farouche par crainte d’une contagion politique& : d’autres pays en difficulté de la zone euro pourraient revendiquer un traitement identique. De plus, l’augmentation prévue des ressources du FMI lui permettant d’élever un pare-feu plus résistant contre une contagion financière ne s’est pas encore concrétisée. Et toutes les modifications convenues du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du mécanisme européen de stabilité (MES), destiné à lui succéder, n’ont pas encore été adoptées.

Certaines mesures positives ont bien sûr été prises. L’apport généreux de liquidités, à 1 pour cent d’intérêt, aux banques européennes par la BCE a évité qu’une crise bancaire se superpose à la crise de la dette souveraine. Mais cette initiative n’a pas réussi à réduire le coût des emprunts à long terme des pays endettés à un niveau compatible avec leur taux de croissance estimé& : l’incertitude sur le long terme est simplement trop grande et les perspectives de croissance trop décourageantes. En conséquence, l’agence de notation Standard ampamp; Poor’s a abaissé la note triple A de la France et de l’Autriche – ainsi que les notes de sept autres pays de la zone euro – la Slovénie, la Slovaquie, l’Espagne, Malte, Chypre et le Portugal.

Un consensus quasi général s’est établi sur le fait qu’un des principaux problèmes de la zone euro tient au fait qu’elle est une union monétaire sans être une union économique, un arrangement qui n’existe nulle part ailleurs. Dans la durée, les écarts entre les coûts de production ne peuvent donc pas être compensés par un ajustement des taux de change.