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L’avenir du pouvoir

CAMBRIDGE – Il est peu probable qu’un gouvernement global voit le jour au XXIème siècle, même s’il existe déjà un certain degré de gouvernance globale. Le monde compte des centaines de traités, d’institutions et de régimes qui gèrent les relations inter-état dans les domaines des télécommunications, de l’aviation civile, des rejets dans les océans, du commerce et même de la prolifération des armes nucléaires.  

Mais ces institutions sont rarement auto-suffisantes. Elles requièrent encore l’intervention des grandes puissances. Et il reste à démontrer que les grandes puissances de ce siècle seront à la hauteur de ce rôle.

Comment évoluera le comportement de la Chine et de l’Inde au fur et à mesure de leur montée en puissance ? Ironiquement, pour ceux qui prédisent un monde tripolaire centré sur les Etats-Unis, la Chine et l’Inde d’ici au milieu du siècle, ces trois états – les plus peuplés du monde – sont parmi les plus protecteurs de leur propre souveraineté.

Certains prétendent que nos actuelles institutions globales sont suffisamment ouvertes et adaptables pour que la Chine y trouve un intérêt à y devenir, dans les mots de Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, un « partenaire responsable ». D’autres estiment que la Chine va vouloir imposer sa propre marque et créer son propre système institutionnel international à mesure que son pouvoir s’étoffera.