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Les élections allemandes et l'Europe

ISTANBUL – Il y a presque 100 ans, à l'issue de la Première Guerre mondiale et de défaite allemande Keynes, analysait les conséquences économiques de la paix. Les conséquences des élections législatives du 22 septembre n'auront évidemment pas la même importance. Mais leur résultat sera plus lourd de conséquences que ne le pensent la plupart des analystes.

Premier point, même si la coalition actuelle CDU- FDP (l'Union chrétienne-démocrate et le Parti libéral-démocrate) reste en place, la chancelière Angela Merkel pourra prendre des décisions à plus long terme, des décisions plus courageuses sans s'inquiéter de répercussions électorales immédiates. Elle pourra engager des actions sur deux ou trois ans et non sur quatre semaines comme c'est le cas actuellement.

Sa stratégie post-électorale pourrait rester très prudente, donnant la priorité à la consolidation budgétaire à moyen terme de l'Allemagne et de la zone euro, plutôt qu'à la création d'emplois et à la croissance. Mais une fois réélue elle aura sûrement la volonté d'aller, même si c'est à petits pas, vers la création d'une union bancaire européenne qui comporterait un mécanisme de résolution alimenté par les ressources de l'ensemble de la zone euro.

Par ailleurs, même si elle reste à la tête de la même coalition, elle sera plus favorable aux projets de crédits accordés par la zone euro aux PME et aux programmes éducatifs européens tels qu'Erasmus. Elle sera également mieux disposée à l'égard de réformes institutionnelles destinées à améliorer la coordination des politiques économiques des pays membres de l'UE.