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Le piège de l’instabilité au Moyen-Orient

MADRID – L’instabilité continue à gagner du terrain au Moyen-Orient, le coup d’État militaire en Égypte étant le dernier épisode à l’origine de répercussions politiques dans l’ensemble de la région. L’Égypte, qui compte 85 millions d’habitants et occupe une position cruciale au plan stratégique, est le pays le plus important de la rive sud de la Méditerranée. Poursuivre le processus de démocratisation entamé dans ce pays en 2011 est fondamental.

Le gouvernement islamiste des Frères musulmans, dirigé par Mohamed Morsi, a démontré sans équivoque son incompétence et son incapacité à garantir une transition démocratique inclusive. Mais la solution que propose l’armée égyptienne est loin d’être idéale. Les coups d’État ont tendance à exacerber les problèmes au lieu de les résoudre et celui-ci ne fait pas exception.

La première conséquence de ce coup d’État est que la société égyptienne est plus que jamais divisée sur la question de la légitimité politique. Les partisans de Morsi avancent la légitimité de sa victoire dans le cadre d’une élection démocratique il y a un an – et dénoncent l’illégitimité du coup d’État militaire et de la détention du président déchu – tandis que ses opposants défendent la légitimité de la contestation populaire qui s’est étendue à tout le pays.

Les Frères musulmans ont tenté d’aller trop loin, trop vite. Leur programme islamiste a entraîné une défiance des institutions centrales de l’État, à savoir l’armée et le pouvoir judiciaire, et est entré en conflit avec les demandes progressistes de modernisation de ses opposants. La campagne Tamarod (rébellion), qui a organisé les manifestations conduisant à la destitution de Morsi, a accueilli avec enthousiasme l’intervention de l’armée.