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L’hésitation fatale de la BCE

BERKELEY – En décembre dernier, le système financier de l’Europe étant sur le point de s’effondrer, la Banque centrale européenne a stupéfié les marchés par une intervention sans précédent, offrant à toutes les banques de la zone euro des liquidités presque illimitées en échange de garanties pour une période exceptionnelle de trois ans.

L’opération surprise d’accroissement de la liquidité par la BCE a interrompu les crises du continent. Mais maintenant, presque quatre mois plus tard, les problèmes sont revenus sur le tapis. Les grands pays d’Europe du Sud, l’Espagne et l’Italie, touchés durement par l’austérité, s’engagent dans une spirale récessionniste. La détérioration des conditions économiques laisse planer un doute sur les calculs budgétaires des gouvernements, sapant les appuis politiques à la réforme structurelle, et ramenant sur scène des questions relatives à la stabilité des systèmes bancaires que l’on pensait réglées.

À nouveau, la zone euro semble être sur le point de se désintégrer. La BCE se trouvera-t-elle donc encore devant une autre brèche& ?

Les obstacles à d’autres interventions de politique monétaire sont élevés, mais ils sont en grande partie des obligations volontaires. Dans sa dernière réunion de politique monétaire, la BCE n’a pas modifié son taux directeur, citant un taux d’inflation d’un demi-point de pourcentage au-dessus de la cible officielle de 2& %. Les membres du conseil étaient peut-être inquiets de signes d’inflation par les coûts en Allemagne. Il est vrai que la plus grande centrale syndicale allemande, IG& Metall, a réclamé une augmentation salariale de 6,5& % dans la prochaine ronde annuelle de négociations. Les salariés du secteur public allemand ont signé fin mars une convention collective qui a vu les salaires augmenter de 6,3& % pour les deux prochaines années.