0

L’Asie du Sud Est et le problème du Pakistan

MANILLE – La situation politique quasi chaotique au Pakistan, qui résulte de l’annonce de la loi martial par le président Pervez Moucharraf l’année dernière et de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Benazir Bhutto, a fait l’effet d’un tsunami dans toute l’Asie du Sud Est. Si le gouvernement Moucharraf revenait sur ses engagements de restaurer la démocratie parlementaire, la crise du Pakistan ne sera pas seulement exacerbée : elle se propagerait dans l’ensemble de la région.

L’avenir du Pakistan est en jeu et déterminera à son tour le sort politique des pays voisins qui luttent aussi contre la violence du fondamentalisme islamique. Le Pakistan sera-t-il traîné sur la voie de l’extrémisme islamique et de la loi d’urgence, ou parviendra-t-il finalement à la modernité en tant que nation laïque dirigée par ses citoyens ?

Ce choix servira d’exemple à toute l’Asie, puisque le Pakistan est depuis longtemps le sanctuaire d’Al-Qaida et de ses cohortes talibanes, cachés dans la région inhospitalière à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Ces terroristes islamiques connus dans le monde entier risquent de faire pencher la balance d’un extrême à l’autre dans plusieurs pays.  

Les répercussions de l’assassinat de Benazir Bhutto iront sûrement au-delà des frontières pakistanaises. L’instabilité croissante du pays a déclenché un amer débat aux Etats-Unis sur la viabilité à long terme du gouvernement de Moucharraf soutenu par le gouvernement et sur le maintien ou non de l’aide financière américaine au Pakistan.