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Réfugiés de la guerre des monnaies, Unissez-vous !

BUENOS AIRES – La guerre des monnaies ressemble aujourd’hui à une véritable guerre, et ce, par deux aspects importants : une confrontation sur les déséquilibres structurels entre deux importants adversaires – la Chine et les Etats-Unis – a obligé les plus petits alliés inconfortables à prendre partie, et les tierces parties qui n’étaient pas nécessairement concernées subissent des dommages collatéraux de part et d’autres de la dispute.

Les économies à la croissance rapide de l’Amérique Latine sont particulièrement vulnérables dans la mesure où elles sont confrontées à la fois à l’inflexibilité du taux de change de la Chine et à l’impact de la dépréciation du dollar résultant de la politique monétaire expansive de la Réserve Fédérale américaine.  

Les mécanismes sont familiers : les dollars s’échappent vers les pays émergents à la recherche de meilleurs rendements, entrainant une pression haussière sur leurs monnaies. Le  Brésil, le Chili et la Colombie, entre autres, sont confrontés à ces forces puissantes de la hausse des monnaies. Cette pression est appuyée dans les pays d’Amérique Latine riches en ressources par l’augmentation des prix des matières premières causées par ces mêmes recherches de rendements et par la chute du dollar.

Mais pourquoi les pays de l’Amérique Latine devraient-ils se soucier des afflux de capitaux et de la réévaluation de leurs monnaies ? Les afflux de capitaux ont traditionnellement toujours été considérés comme des transferts positifs d’épargne depuis les riches pays industriels vers les marchés émergents où les capitaux sont plus rares.