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L'élection américaine et la question raciale

BUENOS AIRES –  Le trois quart des Américains condamnent maintenant le bilan du président Bush. Si on ajoute à cela le fait que la politique et les valeurs de McCain et de sa colistière à la vice-présidence, Sarah Palin, sont presque identiques à celles de Bush, on pourrait s'attendre à ce que l'avance d'Obama dans les sondages soit plus grande que ce qu'elle est.

Je subodore que la raison en est le racisme. Quand on les interroge, la grande majorité des électeurs blancs et âgés rejettent Obama, même si Bush ne les satisfait pas. Un tiers des démocrates ont à un moment ou à un autre répondu dans les sondages qu'ils ne voteraient pas pour un candidat noir. Et selon un récent sondage Associated Press/Yahoo News, sa couleur de peau fait perdre 6 points à Obama dans les sondages.

La plupart du temps, le racisme est insidieux et se manifeste seulement par des mots codés. Les médias, en particulier les médias conservateurs de plus en plus populaires et les émissions de radio, jouent un rôle important. Obama est constamment critiqué pour sa "différence" et son "élitisme", des mots qui évoquent l'image du "nègre arrogant" de l'époque de la ségrégation, une époque pas tellement lointaine.

Dans une interview récente, Bill O’Reilly, l'animateur radio le plus populaire de Fox News, la chaîne d'information la plus regardée, propriété de Rupert Murdoch, parlait d'Obama d'une manière tellement condescendante que cela a rappelé à certains téléspectateurs l'image d'un propriétaire d'esclave dans un vieux film d'Hollywood qui remet un jeune parvenu noir à sa place.