soll1_Eddie Mulholland - WPA PoolGetty Images_queenelizabeth Eddie Mulholland/WPA Pool/Getty Images

Le capitalisme et la reine

LOS ANGELES – Dans le contexte des grands événements de 2022, cela peut sembler une remarque sans grand intérêt, mais l'année du décès de la reine Elisabeth II coïncide avec le 300° anniversaire de la naissance d'Adam Smith. A priori, ces deux personnalités marquantes de nationalité britannique n'ont pas grand chose en commun. On aurait plutôt tendance à associer Smith avec Margaret Thatcher qui selon certains avaient toujours un exemplaire de la Richesse des Nations dans son sac à main. Pourtant Smith était bien plus humaniste que "thatchériste". Comme la reine disparue, il était motivé par la création d'une société heureuse, pacifique, prospère et bienveillante. Il pensait que l'adoption de certains idéaux stoïciens était une voie vers cet objectif.

Son discours prônant le modèle stoïcien du devoir rappelle plus ou moins celui d'Elisabeth II, elle qui n'est jamais passée pour une économiste libérale. Smith condamnait l'avidité et n'avait guère confiance dans les entreprises privées ; il estimait que les valeurs qu'il défendait s'incarnaient dans une classe de paysans propriétaires de leur terre dont le premier objectif était d'être au service de la collectivité de manière totalement désintéressée. A ces yeux, ce type de société permettait de défendre au mieux la liberté au sens politique et l'économie de marché.

Que l'on admire ou pas Elisabeth II, il est difficile de nier qu'elle aimait à la fois le rythme de vie à la campagne et les rigueurs du devoir envers l'Etat. Elle voyait son rôle comme celui d'une conseillère capable d'unifier la société britannique, permettant ainsi aux marchés de fonctionner librement et sans heurts.

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