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Les candidats à la présidence des États-Unis face au monde

DENVER – Au cours du marathon politique connu sous le nom de campagne présidentielle américaine, la politique étrangère sert souvent à mesurer « l'endurance » d'un candidat. En revanche, les candidats abordent souvent les questions nationales de manière à démontrer un souci du détail (parfois même en déployant un projet de programme qui a toutes les chances d'être oublié en cas de victoire).

L'accent mis sur ces questions « de portefeuille » par les candidats aux élections présidentielles américaines donne un aperçu de leur vision du monde. Mais le principe consiste à communiquer la réactivité des candidats aux préoccupations des Américains moyens, ce qui signifie que la politique étrangère est habituellement reléguée à l'arrière-plan durant les campagnes présidentielles.

Toutefois cette année, la politique étrangère est passée au premier plan. Les problèmes auxquels sont confrontés les États-Unis, comme la crise en Syrie et au Moyen-Orient, l'affirmation militaire de la Russie et l'émergence de la Chine aussi bien comme partenaire économique (et sur les questions d'environnement), que comme concurrent stratégique sont tout simplement trop importants pour être ignorés. Et pourtant, même si tout cela suggère que les candidats doivent faire montre de leur maîtrise politique et même de temps à autre se comporter en véritables hommes d'État, ils assurent plutôt simplement à leurs électeurs qu'ils « préservent leur sécurité », comme si cela pouvait bien servir à quelque chose pour survivre et pour prospérer dans le monde d'aujourd'hui.

La politique étrangère américaine oscille traditionnellement entre intervention et isolement. À l'heure actuelle, le problème est bien plus compliqué que cela. Alors que la menace envers les États-Unis devient plus manifeste à chaque attaque terroriste, les isolationnistes deviennent des interventionnistes fervents. Mais leur interventionnisme tend à se révéler unilatéral. En d'autres termes, l'unilatéralité est l'internationalisme des isolationnistes.