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Une évaluation du premier tour de la course à la présidence aux États-Unis

WASHINGTON, DC – Si la campagne présidentielle américaine vous rend perplexe, vous en avez sans doute une meilleure compréhension que ceux qui se hasardent à un pronostic. A ce stade, alors que les deux principaux partis s’apprêtent à choisir leur candidat lors des primaires ou des caucus dans chaque État, aucune prédiction n’est possible. Seules des suppositions éclairées, ou complètement hasardeuses, sont envisageables.

Le premier round du processus d’investiture, les caucus de l’Iowa le 1er février, est notoirement imprévisible parce qu’il dépend plus des capacités organisationnelles des candidats que de leur popularité. La question est de savoir si les candidats de chacun des camps, démocrate et républicain, pourront réunir suffisamment de supporters aux caucus, des rassemblements relativement modestes organisés en soirée dans des conditions hivernales.

Du côté républicain, Ted Cruz et Donald Trump sont au coude à coude dans les sondages, à la fois pour le caucus de l’Iowa et les primaires du New Hampshire, qui se dérouleront huit jours plus tard. Si Trump est très largement en tête dans les sondages à l’échelle nationale, la force de sa structure de campagne dans l’Iowa est inconnue et les résultats au niveau de chaque État sont le facteur déterminant dans le processus d’investiture des candidats.

La popularité de Trump jusqu’à présent repose essentiellement sur sa capacité à saisir l’air du temps et sur ses talents de démagogue. (Son émission de téléréalité, The Apprentice, lui a largement donné l’occasion de s’entraîner). L’électorat est aujourd’hui plus en colère et inquiet que lors des dernières élections présidentielles, et tant Cruz que Trump en profitent. Ces sentiments – liés à la lenteur de la reprise économique, aux inégalités croissantes de richesse et de revenu et à une insécurité à caractère racial (en particulier parmi les hommes blancs) – se traduisent par un contexte politique volatile.