Pétrole et isolation

NAIROBI – Au Kenya, il y a une plaisanterie bien connue et qui résume à quel point le peuple Turkana nous est éloigné. Lorsqu’un homme Turkana se rend à la capitale, Nairobi, il dit à sa famille : « Je vais au Kenya. »

Ces dernières semaines, depuis l’annonce de la découverte de pétrole dans le bassin du lac Turkana par le gouvernement kenyan, d’autres plaisanteries fusent. L’image d’enfants noirs non identifiés, heureux et à demi nus, que j’avais vu passer sur les profils d’amis sur Facebook il y a déjà quelques mois ont commencé à circuler à nouveau sur la toile, cette fois-ci avec une légende, « Du pétrole découvert au Turkana… Fini la peau sèche. »

Ces plaisanteries m’ont dans un premier temps fait rire. En tant que Massaï, je connais déjà toutes les plaisanteries kenyanes sur le soi-disant caractère « primitif » de mon peuple et j’étais donc contente que quelqu’un d’autre soit pointé du doigt, pour une fois. Mais j’ai changé d’avis lorsque j’ai vu l’image d’une femme Turkana, les seins nus, et mise en scène comme si elle nourrissait un bébé blanc.

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