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Obama le centriste

BERKELEY – Malgré les inquiétudes souvent réitérées des Républicains américains sur le fait que Barack Obama serait tenté d’importer un socialisme de style européen aux Etats-Unis, la position du président américain semble assez clair. Il ne veut gouverner que depuis une position, et une seule : le centre.

Obama a très rapidement opté pour un programme de relance budgétaire moitié moins important que celui recommandé par ses conseillers économiques Démocrates pour venir à bout de la récession ; et il a décidé de considérer cela comme une victoire totale plutôt que de faire pression pour en rajouter une couche sur le montant total.

Obama se veut tellement prudent dans son action que même aujourd’hui, avec un taux de chômage qui frise les 10%, il ne se laissera pas tenter et ne demandera pas une enveloppe de 200 milliards de dollars d’aide fédérale supplémentaire aux états sur les trois prochaines années pour éviter d’autres licenciements de professeurs. Plutôt que de contribuer plus encore à la dégradation de l’engagement national pour l’éducation de la prochaine génération, Obama a préféré se focaliser sur l’objectif du rééquilibrage du budget à long terme – alors même que l’orage macroéconomique gronde toujours.

Et pour parvenir à cet objectif d’équilibre budgétaire à long terme, Obama a nommé au poste de pompier en chef un pyromane du budget, l’ancien sénateur Républicain Alan Simpson, qui est devenu l’un des deux directeurs de sa Commission pour la réduction du déficit. Simpson n’a jamais trouvé aucune taxe non financée proposée par un président Républicain contre laquelle il aurait pu voter, et n’a jamais trouvé un programme équilibré de réduction du déficit proposé par un président Démocrate qu’il aurait pu soutenir. Des partisans dont l’engagement pour la réduction du déficit s’évanouit lorsque l’opportunisme politique dicte sa loi ne peuvent décemment diriger des commissions bipartites pour la réduction du déficit.