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La clarté stratégique sur la Corée du Nord

DENVER – Tous les regards sont braqués en ce moment sur les nouvelles cyber-possibilités récemment prétendues de la Corée du Nord. Si la récente attaque sur les ordinateurs de Sony Pictures proviennent bien de ce pays, comme l'affirment les pouvoirs publics des États-Unis, s'agit-il d'un acte de sabotage, de vandalisme, de terrorisme ou pour employer la formule préférée des néo-conservateurs (surtout pendant la période des fêtes), de guerre ?

Quels que soient les mérites de l'allégation américaine (à propos de laquelle persiste un certain scepticisme), le bilan en matière des droits de l'homme de la Corée du Nord vient d'être renouvelé, à juste titre. Si cet épisode débouche sur quelque chose (à savoir, sur le renvoi de la Corée du Nord devant la Cour Pénale Internationale (CPI), cela dépendra de décisions prises par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. 

Étant donné que la Chine et la Russie (qui brandit son droit de veto de membre permanent du Conseil de sécurité) s'opposent à une action en la matière, le différend ne va probablement pas en arriver là. Mais à tout le moins, le débat selon les termes de l'Ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies Samantha Power, « lève le voile » sur le « bilan effroyable de la Corée du Nord en matière de droits de l'homme » et sur l'urgence de rendre compte de ce bilan.

Dans le monde entier, certains pays s'en tirent sans aucune sanction pour leur mauvais bilan en matière de droits de l'homme. Certains s'en tirent avec des cyber-attaques transfrontalières. Quelques-uns s'en tirent même avec le maintien de programmes nucléaires. Mais un pays les subit rarement toutes, comme c'est évidemment le cas de la Corée du Nord.