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Permis de tuer

NEW YORK – L’année dernière est à marquer d’une pierre blanche. Après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, il a fallu redonner artificiellement vie aux marchés qui s’étaient écroulés. Rien de tel ne s’était produit depuis la Grande Dépression des années 1930.

Cet écroulement n'est pas dû à un facteur externe, ce qui est extraordinaire, mais à un dérèglement interne du système, qui s’est ensuite généralisé à l’économie de la planète. Ce phénomène était quasiment inattendu, puisque l'opinion qui prévalait était que les marchés financiers se régulaient d'eux-mêmes.

Nous savons désormais que ce n’est pas le cas. Ayant trop dérégulé les marchés, nous devons toutefois résister au naturel qui nous pousserait à surcompenser. Les marchés sont imparfaits, certes. Mais les régulateurs sont des êtres humains, soumis à la bureaucratie et à une certaine influence politique. Nous devons donc limiter la régulation au maximum.

La réforme devrait suivre trois principes. Premièrement, les autorités financières devraient se charger d'éviter que les bulles d'actifs ne s'accroissent trop vite. D’aucuns, dont l’ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (la Fed) Alan Greenspan, affirment que si les marchés ne peuvent identifier une bulle, les régulateurs en sont également incapables. Les autorités financières doivent tout de même accepter cette tâche : malgré l’éventuelle marge d’erreur, l’étude des marchés leur montrera si elles en ont fait trop ou pas assez. Les impairs pourront être corrigés.