Paul Lachine

Morale et débâcle financière

LONDRES – Au lendemain de la Première Guerre mondiale, H.G. Wells écrivait qu'une course entre moralité et destruction était lancée. Selon lui, l'humanité devait abandonner ses habitudes guerrières ou la technologie la décimerait.

De leur côté, les écrits économiques véhiculaient l'image d'un monde totalement différent, où la technologie était, à juste titre, reine. En monarque bienveillant, Prométhée répandait les fruits du progrès parmi ses disciples. Dans le monde des économistes, la moralité ne devait pas chercher à contrôler la technologie mais à s’adapter à ses exigences. Ce n'est que par ce biais que l'on pourra assurer la croissance économique et éliminer la pauvreté. La moralité traditionnelle s'est effacée derrière l’intensification de la force productive.

Nous nous sommes cramponnés à cette foi en le salut technologique : les anciennes croyances ont reculé et la technologie est devenue toujours plus inventive. Notre foi dans le marché – accoucheur de l'invention technologique – résulte de cette situation. Au nom de cette foi, nous avons embrassé l'idée de la mondialisation, plus vaste extension possible de l'économie de marché.

To continue reading, please log in or enter your email address.

To access our archive, please log in or register now and read two articles from our archive every month for free. For unlimited access to our archive, as well as to the unrivaled analysis of PS On Point, subscribe now.

required

By proceeding, you agree to our Terms of Service and Privacy Policy, which describes the personal data we collect and how we use it.

Log in

http://prosyn.org/KUA5Xsm/fr;

Cookies and Privacy

We use cookies to improve your experience on our website. To find out more, read our updated cookie policy and privacy policy.