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L’écart de prospérité de l’Afrique de l’Est

NAIROBI – Ces dernières années, l’idée d’une « Afrique émergente » a été adoptée par certains et réfutée par d’autres. Mais tous conviennent de la nécessité de ce que les sociologues appellent « l’intégration » - le degré auquel se fait le partage des richesses entre les membres d’une société. Avec l’intégration, disent les optimistes, l’Afrique connaîtra la prospérité ; sans elle, avancent les pessimistes, elle ne le pourra pas.

L’avenir de l’Afrique est réellement aussi simple que cela. Sans la notion de contrat social – la foi dans un progrès partagé – les économies ont tendance à devenir instables et à s’effondrer. « Aucune société qui espère prospérer », écrit l’économiste Jeffrey Sachs dans son ouvrage The Price of Civilization « ne peut se permettre de laisser des pans entiers de sa population prisonniers de la pauvreté ».

Dans ce contexte, le récent rapport de la Society for International Development (SID) publié à Nairobi, donne à réfléchir. Il conclut en disant qu’une Afrique émergente – et en particulier une Afrique de l’Est émergente – ne se concrétisera jamais sans progrès économique de tous les secteurs de la société.

En apparence, l’Afrique de l’Est semble sur la bonne voie. Les taux de croissance économique annuels se situent autour de 6 pour cent, et les échanges commerciaux vont croissants, tout comme les investissements étrangers. Certains pays, notamment l’Ouganda et la Tanzanie, bénéficient d’importantes ressources énergétiques. Au Kenya, la principale économie de la région, les secteurs financier et des services tirent la croissance – une évolution économique notoire.