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PARIS – L'intervention militaire française au Mali, qui se poursuit à un rythme extrêmement soutenu, a mis en évidence trois éléments essentiels.

Le premier est de confirmer la capacité de la France à s'imposer comme le premier acteur stratégique européen. À la fois parce qu'elle dispose d'un outil militaire important particulièrement réactif, révélé déjà lors de son intervention en Libye. Ensuite parce que cette capacité militaire est articulée à une vision du monde et non à la simple défense d'intérêts marchands.

Au Mali, la France ne cherche ni à mettre main basse sur des ressources ni à exporter la démocratie et encore moins à prolonger une Françafrique à laquelle elle ne croît plus. Elle vise plus prosaïquement à stabiliser une région soumise à une pression islamiste violente, exercée de surcroît par des forces non maliennes, et susceptible de déstabiliser l'ensemble de la sous-région tout en menaçant l'Europe.

Le second est de confirmer une fois de plus l'insignifiance stratégique de l'Union européenne, qui parle de stratégie globale à propos du Mali pour mieux évacuer la question militaire.