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La tête froide face aux têtes nucléaires

CANBERRA – Il peut être exagéré d’avancer, comme après la marée noire survenue il y a deux ans dans le Golfe du Mexique, que ce que la plupart des Américains veulent, c’est un président qui garde son sang-froid face à la crise, sauf quand crise il y a. Mais de tous les reproches dont l’accablent ses détracteurs, c’est celui de son trop grand détachement que la plupart des étrangers ont le plus mal à admettre: tout en neurones et aucun globule rouge.

Or en matière de défense et de diplomatie, une réponse sereine et mesurée aux provocations immodérées, souvent rencontrées sur ce terrain, est ce que le monde attend du dirigeant de la superpuissance régnante, ce dont le monde a besoin. Pour ce qui est de la Corée du Nord et de l’Iran, en raison du potentiel de destruction des armes détenues ou en passe d’être fabriquées par ces pays, ce besoin bat tous les records.

Avec la Corée du Nord, les provocations continuent à s’intensifier. A peine trouve-t-on une entente qu’elle est immédiatement piétinée. L’Accord de février prévoyait que la Corée du Nord, en échange d’une aide alimentaire américaine, accepterait la venue d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, la suspension de son programme d’enrichissement de l’uranium et un moratoire sur les lancements de missiles à longue portée et les essais nucléaires. Un peu moins d’un mois plus tard, le lancement d’un satellite change la donne, même s’il s’agit d’un échec lamentable.

On peut redouter aujourd’hui qu’un sentiment d’humiliation ne pousse le nouveau dirigeant Kim Jong-un à ordonner de nouveaux essais nucléaires ou à se livrer à des démonstrations de force. La Chine semble ne pas pouvoir ou ne pas vouloir calmer la frénésie de son voisin. En Corée du Sud, et notamment au Japon, les nerfs sont à vif.