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La nouvelle stratégie du Japon face à la Chine

Football, hooliganisme et nationalisme : un mélange explosif récemment encore peu connu en Asie. Jusqu'à la Coupe d'Asie des nations 2004… Partout où ils ont joué, les footballeurs japonais ont été accueillis par des foules hostiles, jusqu'à la finale contre la Chine, qui s'est déroulée à Beijing devant une multitude menaçante. C'est d'autant plus inquiétant qu'en Chine la manipulation officielle jette de l'huile sur le feu nationaliste.

Le sentiment anti-japonais a été consciencieusement inculqué aux jeunes Chinois. L'ancien président Jiang Zemin a mené inlassablement tout au long des années 90 une campagne systématique pour la "résistance et la victoire contre le Japon" : un procédé sinistre pour détourner les doléances populaires et pour légitimer la permanence du régime communiste en présentant le Parti comme le champion de l'honneur chinois.

Parallèlement, le sentiment ancien de supériorité culturelle qui coule dans les veines des Chinois rend tout complexe d'infériorité difficilement supportable. Alors que la Chine se considère de plus en plus comme une grande puissance, le fait qu'elle soit plus pauvre et moins admirée que d'autres pays est devenu insoutenable.

Aujourd'hui, les jeunes qui constituent l'avant-garde de la modernisation économique de la Chine sont aussi des hooligans aux penchants nationalistes. Au lieu de présenter des spectateurs disciplinés en prévision des Jeux Olympiques de Beijing en 2008, la Coupe d'Asie a donné un aperçu édifiant de la rage qui bouillonne sous l'essor économique de la Chine, et mis en évidence l'incapacité du gouvernement à contrôler une population de plus en plus agitée.