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Les dirigeants européens à la rescousse des populistes italiens

ATHÈNES – L’Italie est aujourd’hui en première ligne de la bataille de l’euro. Matteo Salvini, vice-Premier ministre, est poussé par des vents politiques favorables qui pourraient, après les élections au Parlement européen du mois de mai, renforcer son pouvoir de nuisance dans l’Union. Il est à la fois fascinant et déconcertant que la xénophobie au fondement de l’autorité croissante du patron de la Ligue soit un produit de l’architecture défaillante de la zone euro et des reproches politiques qui pleuvent sur elle.

Dans son évaluation annuelle des déséquilibres économiques affligeant chacun des États membres, récemment rendue publique, la Commission européenne attribue au gouvernement italien les difficultés du pays à maîtriser une dette à laquelle, poursuit le rapport, est imputable la faible croissance des revenus transalpins. Selon la Commission, la réticence du gouvernement à réduire son déficit budgétaire effraie les marchés obligataires, porte à la hausse les taux d’intérêt sur les obligations souveraines et par conséquent restreint les investissements.

Rien ne pourrait faire plus plaisir à Salvini. Ce rapport lui offre une belle occasion de désigner la Commission comme la responsable des problèmes que rencontre l’Italie et d’affirmer qu’à la vérité ce sont les politiques d’austérité budgétaire de l’UE qui ont bridé la croissance, mené l’économie au bord d’une nouvelle récession et conduit à l’élection du gouvernement populiste aujourd’hui dominé par… Salvini lui-même. Et comme si cela ne suffisait pas, les menaces lancées par la Commission de pénaliser l’Italie si elle n’imposait pas une austérité encore plus drastique ont inquiété les opérateurs du marché obligataire et poussé les taux d’intérêt à la hausse sur les emprunts d’État.

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