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L’Ukraine sera-t-elle la prochaine ?

LONDRES – La guerre en Géorgie a manifestement mis au jour l’isolement de la région environnante, ainsi qu'une multitude de points sensibles. La décision hâtive de la Russie de reconnaître l’« indépendance » de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie a sonné comme un avertissement pour les pays voisins et avivé les spéculations sur qui serait le prochain – et comment empêcher la Russie de reproduire le « précédent » du Kosovo sur d'autres pays de l'ex-Bloc soviétique.

L’Union européenne, qui s’est imposée comme médiatrice du conflit, doit traiter une multitude de priorités en Géorgie. Elle doit aussi se demander comment renforcer son engagement en matière de sécurité, de démocratie et de prospérité dans le « voisinage » européen. La solution européenne la plus efficace pour faire face à une Russie forte d’un aplomb nouveau sera de refuser collectivement une Europe bipolaire comportant deux sphères d'influence : celles de la Russie et de l’UE.

Il faut commencer par l'Ukraine. Le sommet UE/Ukraine qui se tiendra le 9 septembre prochain à Évian sera l'occasion idéale.

Nombre d’Ukrainiens entendent actuellement les échos de la période qui a précédé la guerre en Géorgie. En effet, leur pays a sa propre région potentiellement séparatiste en Crimée et une minorité russe composée d’environ 8,3 millions de personnes (la plus grande minorité en Europe) ; et la moitié de la population ukrainienne parle russe à divers niveaux. Même si la constitution ukrainienne interdit la double nationalité, le gouvernement a dû lancer une enquête sur des allégations de détention secrète de passeports russes dans la ville de Sébastopol, en Crimée. Les Ukrainiens ont noté que la Russie avait justifié l’invasion de la Géorgie, comme les nazis le démembrement de la Tchécoslovaquie, prétextant que c’était nécessaire pour « protéger » une minorité à laquelle elle venait de donner une nationalité.