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Peut-on être honnête en politique ?

Jean-Jacques Rousseau disait, à juste raison, que ceux qui cherchaient à traiter différemment la politique et la morale ne comprendraient jamais ni l'une ni l'autre. La pratique de la politique non seulement peut mais doit se réconcilier avec les impératifs de l'honnêteté !

Mais qu'est-ce vraiment que l'honnêteté et la malhonnêteté, chez un politicien ? Un homme politique peut-il rester honnête après tout ?

Cette question touche le coeur de la démocratie. Quand les électeurs décident que les politiciens sont malhonnêtes, les mouvements anti-démocratiques se développent. Pourtant, tous les hommes politiques savent que l'anbiguïté et le compromis tendent à prévaloir sur les vérités universelles et parfois l'on doit choisir le moindre mal. Nos standards habituels de décence et de justesse ne peuvent pas toujours être mis en pratique, mais non pas parce que seuls le cynisme et l'hypocrisie représentent ce qui compte en politique.

Considérons par exemple le prince de l'ambiguïté, le Duc de Talleyrand. Non seulement corrompu, mais aussi traître notoire de plusieurs de ses maîtres, Talleyrand avait la réputation de n'avoir pas pu vendre sa mère pour la seule raison que personne n'avait voulu l'acheter. Et pourtant, bien que déloyal envers plusieurs gouvernants français, Talleyrand n'a probablement jamais trahi la France.