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La Corée du Nord dans l’ombre de l’accord iranien

DENVER – L’espoir n’aura pas duré bien longtemps. D’après l’Agence centrale de presse de Corée du Nord, les Nord-coréens ne seraient pas particulièrement emballés par l’accord sur le nucléaire iranien – et ne devraient donc probablement pas donner suite. Dans l’annonce formulée, la Corée du Nord s’efforce d’établir un distinguo entre le programme du régime de Pyongyang et celui de l’Iran, s’égarant autour de piètres lignes de distinction selon lesquelles la détention d’armes nucléaires serait nécessaire pour contrer les « politiques hostiles » de l’Amérique. Il faut s’attendre à ce que les dirigeants nord-coréens, peu connus pour leur capacité à renouveler leur réflexion, s’engagent envers et contre tout dans un avenir au cours duquel le pays aura bien peu à offrir à son peuple assiégé.

De nombreux détracteurs de l’accord sur le nucléaire iranien formulent une comparaison entre le comportement de l’Iran et celui de la Corée du Nord, faisant valoir que l’accord iranien ne saurait tenir la route puisque cela n’a jamais été possible avec la Corée du Nord. Certaines similitudes existent effectivement.

Au fil des années, l’Iran n’a cessé de devoir rendre des comptes s’agissant de son programme nucléaire, et, aspect encore plus fondamental, de faire preuve de clarté quant à ses objectifs et aspirations. Par ailleurs, le comportement de l’Iran dans le contexte plus large du Moyen-Orient – et notamment son soutien à plusieurs groupes terroristes de la région – semble contredire sa prétendue volonté de stabilité régionale et de développement économique. Et tandis que la plupart des pays du monde méprisent le comportement de la Corée du Nord, l’Iran semble considérer le pays comme un alter ego et partenaire commercial à part entière.

En septembre 2005, la Corée du Nord a convenu d’une déclaration conjointe avec ses cinq partenaires des fameux Pourparlers à six, afin de promouvoir l’objectif de la dénucléarisation, avec pour engagement spécifique l’« abandon de tous les programmes et armements nucléaires existants, ainsi qu’un retour rapide au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, et un respect des garde-fous de l’AIEA. » En retour, la Corée du Nord a obtenu l’affirmation de l’Amérique et de la Corée du Sud selon laquelle aucune arme nucléaire n’était déployée en Corée du Sud, ainsi que des garanties selon lesquelles n’existait aucune intention d’attaque de la Corée du Nord au moyen d’armements nucléaires ou conventionnels.