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Des institutions plus fortes pour les droits de l'homme

PARIS – Il y a 60 ans cette semaine, l'ONU adoptait la Déclaration universelle des droits de l'homme, la première proclamation internationale de la dignité et de l'égalité des droits de chaque être humain. A ce jour, par delà les divisions nationales, idéologiques et culturelles, elle reste la référence majeure pour toute réflexion sur les valeurs éthiques.

Pourtant, l'espérance suscitée par sa vision éclairée des libertés individuelles, de la protection sociale, des opportunités économiques et des devoirs à l'égard de la communauté n'est pas encore comblée. Malheureusement, un génocide est à nouveau en cours, cette fois-ci au Soudan. Le renforcement des mesures de sécurité depuis le 11 septembre a conduit à vouloir légitimer " l'extraordinary rendition " (le transfert de prisonniers d'un pays à l'autre hors toute procédure légale) et la torture.

Pour les femmes partout dans le monde, la violence domestique et la discrimination à l'emploi sont une réalité quotidienne. Des minorités sont stigmatisées, discriminées et soumises à des violences, ceci tant dans des pays développés que dans des pays en voie de développement. Le droit à l'information est refusé à des millions de gens par le recours à la censure et à l'intimidation des médias.

Notre plus grand échec reste la pauvreté. Plus d'un milliard de personnes, 20% de l'humanité, vivent dans l'extrême pauvreté et voient bafouées quotidiennement leur droit fondamental à une nourriture adéquate et à de l'eau potable. Alors que de grosses inégalités persistent entre riches et pauvres, on ne peut pas proclamer que nous faisons les progrès voulus pour répondre aux ambitions formulées il y a 60 ans.