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Comment tenir sa bonne résolution du Nouvel An

MELBOURNE – Avez-vous pris de bonnes résolutions pour le Nouvel An ? Peut-être avez vous décidé de faire du sport, de perdre du poids, d’être moins dépensier, ou de boire moins d’alcool. Votre résolution a peut-être été plus altruiste. Aider ceux qui en ont besoin, ou réduire l’empreinte carbone. Mais respectez-vous votre bonne résolution ?

Dès les tous premiers jours de 2010, des enquêtes montrent que moins de la moitié des personnes qui prennent des bonnes résolutions de Nouvel An ne les tiennent que pendant un mois. Que cela nous indique-t-il sur la nature humaine et sur notre capacité à vivre prudemment ou de manière éthique ?

Le problème, bien sûr, est que nous ne prenons de bonnes résolutions que pour accomplir des choses que nous ne ferions pas habituellement. Seul un anorexique prendrait la résolution de manger de la glace au moins une fois par semaine, et seul un accroc du boulot prendrait la résolution de passer plus de temps devant la télévision. Nous utilisons donc l’excuse du Nouvel An pour essayer de modifier nos comportements les plus difficiles à changer. Cela laisse une large place à l’échec.

Malgré cela, nous prenons sans doute de bonnes résolutions parce que nous avons décidé que ce serait mieux pour nous de faire ce que nous nous sommes résolus à faire. Mais puisque nous avons déjà pris cette décision, pourquoi alors ne pas s’y tenir ? Depuis Socrate, les philosophes ne cessent de se poser cette question. Dans le Protagoras, l’un des dialogues de Platon, Socrate dit que personne ne fait un choix sachant qu’il est mauvais. Choisir ce qui est mauvais est donc une sorte d’erreur : les gens ne feront ce choix que s’ils pensent que c’est un bon choix. Si on peut leur enseigner ce qui est le mieux pour eux, semblaient penser Socrate et Platon, ils le feront. Mais c’est une doctrine difficile à avaler, bien plus que d’avaler une part de gâteau supplémentaire dont on sait pertinemment que ce n’est pas bon pour soi.