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Hollande ou l'insurrection ?

PARIS – Pour le meilleur ou pour le pire, l'Europe est maintenant engagée dans une insurrection contre le pacte fiscal qui condamne les pays membres de l'UE à l'austérité sans la croissance. Faudra-t-il un coup d'Etat militaire pour comprendre que cette situation est intenable ? Ou bien l'élection de François Hollande en France va-t-elle pousser l'Allemagne à se montrer plus conciliante ?

Tant pour les Pays-Bas que pour l'Espagne, la perspective d'une réduction du déficit public à moins de 3 % du PNB est irréaliste. Sauf à s'engager dès maintenant dans des mesures punitives, l'UE sera obligée de concéder une marge de manœuvre supplémentaire à ces pays, consciente que chaque fois qu’on la consulte, l'opinion publique européenne réagit négativement. En Grèce les élections récentes n'ont pas permis de dégager une coalition capable de gouverner et de nouvelles élections auront lieu en juin.

En Irlande, où heureusement la situation est moins préoccupante, les chances d'une victoire du oui au référendum sur le traité fiscal semblent s'amenuiser. Certes, la disparition de la clause d'unanimité permet de contourner l'obstacle et d'appliquer le pacte sans l'accord de tous. Mais cela ne réglera rien, car ni la France ni l’Italie ne ratifieront le pacte. Même en Allemagne, les sociaux-démocrates -dont la chancelière Angela Merkel a besoin pour faire ratifier le paquet fiscal par le Bundestag - semblent poser des conditions à leur accord.

L'Allemagne est non seulement accusée de dogmatisme monétariste mais jugée responsable de l'aggravation de l’asymétrie économique entre elle et ses voisins de la zone euro. Sa relative bonne santé économique lui permet de financer sa dette en dessous de l'inflation, alors que les autres Etats européens la financent avec des taux qui dépassent l'inflation de trois points.