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Les pièges du libre-échange

MUNICH − Le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, actuellement objet d’intenses négociations entre l’Union européenne et les États-Unis, fait de plus en plus parler de lui. En effet, compte tenu de la puissance des deux économies concernées, qui représentent ensemble plus de 50% du PIB mondial et un tiers des flux commerciaux internationaux, les enjeux sont de taille. S’ils entendent voir le PTCI bénéficier aux consommateurs des deux côtés de l’Atlantique, les négociateurs devront admettre et éviter plusieurs pièges significatifs – certains apparaissant plus évidents que d’autres.

Les accords commerciaux bilatéraux ont actuellement le vent en poupe. Les États-Unis et le Canada ont par exemple récemment conclu un Accord économique et commercial global, qui devrait constituer la base du PTCI.

Rien de surprenant à cela, compte tenu des échecs répétés de l’Organisation mondiale du commerce en direction de l’instauration d’un accord sur le plan international. Les discussions de l’OMC au cycle de Doha ont été un véritable fiasco, l’accord conclu à Bali l’an dernier – bien que présenté comme une réussite – n’aboutissant qu’à peu d’autres choses qu’à l’accélération de la collecte des droits de douanes.

En l’état actuel des choses, les craintes autour d’une insuffisante protection des consommateurs, laquelle se trouve biaisée par les intérêts particuliers, dominent les discussions autour du PTCI. Songez aux désaccords concernant les différences de traitement de la viande de volaille. Aux États-Unis, cette viande subit un nettoyage à l’eau chlorée, tandis qu’en Europe les poulets sont gavés d’antibiotiques tout au long de leur existence. Dans le cadre d’une démarche que l’on ne peut que considérer comme absurde, les producteurs européens s’efforcent de convaincre leurs clients du caractère fort moins souhaitable de la première de ces deux méthodes pour la santé des consommateurs.