Un conte moral grec

NEW YORK – Quand la crise de l'euro a commencé il y a environ cinq ans, les économistes keynésiens ont prévu que l'austérité imposée à la Grèce et aux autres pays en crise allait échouer. Elle devait étouffer la croissance et faire augmenter le chômage et même échouer à réduire le rapport dette-PIB. D'autres (à la Commission européenne, à la Banque Centrale Européenne et dans quelques universités) ont parlé de contractions expansionnistes. Mais même le Fonds Monétaire International a soutenu que les contractions, notamment les coupes dans les dépenses publiques, étaient précisément cela : des contractions.

Nous n'avions pas besoin vraiment d'une nouvelle confirmation. L'austérité avait déjà échoué à plusieurs reprises, depuis son utilisation précoce sous la présidence de Herbert Hoover aux États-Unis, qui a transformé le krach boursier en Crise de 1929, jusqu'aux « programmes » du FMI imposés à l'Asie et à l'Amérique latine au cours des dernières décennies. Et pourtant quand la Grèce eu des ennuis, on y a eu recours une nouvelle fois.

La Grèce a largement réussi à suivre le précepte imposé par la « troïka » (la Commission européenne, la BCE et le FMI) : elle a converti un déficit primaire en un excédent primaire. Mais la contraction des dépenses publiques a été aussi dévastatrice que prévisible : 25% de chômage, une baisse de 22% du PIB depuis 2009 et une augmentation de 35% du rapport dette-PIB. Et maintenant, avec l'écrasante victoire aux élections du parti anti-austérité Syriza, les électeurs grecs ont déclaré qu'ils en avaient assez.

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