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Les banques doivent changer leur culture

PARIS – Les banques et l'activité bancaire reposent sur la confiance. Mais s'il faut des années pour parvenir à une relation de confiance, celle-ci peut disparaître de manière abrupte si une banque fait preuve d'un manque d'éthique, de respect des valeurs,  si tout simplement elle se comporte mal.

Les évènements à l'origine de la crise financière mondiale de 2008, ainsi que les scandales qui sont apparus au grand jour dans son sillage - des manipulations du LIBOR (taux interbancaire offert à Londres) à la violation des règles internationales  et au blanchiment d' argent - constituent un catalogue d'échecs de la culture régnant dans certaines des institutions financières mondiales. Il est vrai que depuis la crise des mesures d'envergure ont été prises pour renforcer le système financier. Mais subsiste une grande faiblesse : dit brutalement, il s'agit de la culture de prise de risque qui prévaut encore dans certains secteurs des banques internationales et au sein du système financier lui-même.

Trop souvent, les promesses des dirigeants des banques de changer leur "culture d'entreprise" et de veiller à la bonne conduite de leurs employés n'ont pas été suivies d'une mise en œuvre rigoureuse. Dans trop de cas, les banques ne respectent pas pleinement  leur obligation d'être au service de la communauté et de l'intérêt général.

Il est vrai que le secteur bancaire paye le prix fort pour ses erreurs, avec des amendes, des poursuites judiciaires et un renforcement de la régulation qui leur ont coûté à ce jour au total quelques 300 milliards de dollars. Mais le contribuable qui n'y est pour rien a dû lui aussi en supporter le coût, à la fois direct et indirect. Bien qu'une poignée de "traders voyous" (auquel on  peut ajouter depuis peu un manipulateur du LIBOR) ait fini en prison, ce serait faire preuve de trop d'optimisme que de croire que la punition est suffisante pour transformer la culture bancaire.