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Une intervention justifiée en Irak

CANBERRA – Le président américain Barack Obama mérite d’être inconditionnellement soutenu pour sa décision de recourir à la force militaire pour venir en aide à la minorité yézidie, menacée de génocide par les combattants de l’Etat islamique (EI) dans le nord de l’Irak. L’intervention des Etats-Unis est entièrement conforme aux principes de la Responsabilité de Protéger (R2P) les populations courant le risque de crimes atroces à grande échelle, des principes adoptés à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies en 2005. L’intervention militaire américaine se conforme à tous les critères de légalité, légitimité et probable efficacité de la R2P pour atteindre ses objectifs immédiats.

Contrairement à l’intervention initiale en Irak – qui ne correspondait à aucun de ces critères – l’action américaine actuelle, bien n’ayant pas eu l’aval du Conseil de sécurité, est menée à la demande du gouvernement irakien, et la question d’une violation du droit international ne se pose donc pas. Il semble aussi clairement qu’elle répond aux critères moraux ou prudentiels du recours à la force militaire qui, s’ils n’ont pas encore été adoptés par les Nations unies ou d’autres organisations internationales, ont fait l’objet de nombreux débats et ont été généralement acceptés au plan international cette dernière décennie.

Les critères de la légitimité sont que les atrocités en cours ou possibles sont suffisamment terribles pour justifier, à première vue, une réponse militaire ; que cette réponse a un objectif essentiellement humanitaire ; qu’aucune autre réponse n’aurait la capacité de mettre fin aux ou d’empêcher les atrocités ; que la réponse est proportionnelle à la menace ; et que l’intervention fera plus de bien que de mal.

Les faits dont nous disposons prouvent que plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, réfugiés dans les montagnes du Sinjar dans le nord de l’Irak, sont effectivement en péril. Ils sont en danger de mort, non seulement à cause de la faim et de la soif, mais également parce qu’ils sont systématiquement massacrés par les forces en progression rapide de l’EI, qui considèrent les Yézidis comme des apostats, et que les combattants de l’EI sont déjà responsables d’atrocités sans rivales. Le recours par les Etats-Unis à des frappes aériennes pour les protéger est indiscutablement d’ordre humanitaire. Il est évident qu’une force moindre sera insuffisante et la seule question qui se pose au sujet de la proportionnalité est de savoir si les frappes aériennes et les parachutages de ravitaillement et de premiers secours seront suffisants, plutôt qu’en excès, pour répondre à cette situation d’urgence.