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Du combat pour le pain à la révolution

PRINCETON – Les sommets politiques sont définis par l'endroit où ils ont lieu. Il est amusant de constater que la Conférence économique mondiale de 1933 s'est tenue au musée géologique de Londres à Kensington à un moment où l'idée de coopération internationale semblait aussi étrange qu'un dinosaure fossilisé. De ce point de vue, le choix de Deauville pour le sommet du G8, avec son élégance surannée, sa consommation ostentatoire et ses banquets somptueux, est malencontreux.

Cette année les participants ont donné la priorité à des sujets certes intéressants, mais d'importance secondaire, comme l'impact économique d'Internet. Pire encore, ils ont discuté des questions fondamentales telles que la sécurité alimentaire comme s'il s'agissait de problèmes secondaires.

La sécurité alimentaire a été pour la première fois un thème majeur du G8 lors de son sommet de juillet 2009 à L'Aquila en Italie pour réagir au boom des matières premières qui avait déjà dépassé son apogée, mais qui est réapparu depuis avec la force d'un ouragan. Maintenant le G8 discute du financement de mesures palliatives.

La question de la nourriture est liée de prés à toute une série de questions économiques bien plus larges auxquelles la communauté internationale ne répond pas de manière satisfaisante. Même si l'économie mondiale paraît relativement saine aujourd'hui, la coopération économique est bien plus fragile qu'elle ne l'a jamais été depuis l'après-guerre.