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Egarement budgétaire

NEW-YORK – Les mesures de relance budgétaire adoptées par la plupart des pays avancés et des pays émergents lors de la récession mondiale de 2008-2009 – parallèlement à une politique de relâchement monétaire et de soutien au système financier – ont évité que la Grande récession ne se transforme en 2010 en une Grande dépression. Au moment où chaque composant de la demande privé s'écroulait, la hausse des dépenses publiques et les baisses d'impôts ont arrêté la chute libre de l'économie mondiale et créé la base d'un redémarrage.

Malheureusement dans la plupart des pays avancés les mesures de relance, les plans correspondants de sauvetage du système financier et les effets de la récession sur les revenus ont creusé le déficit budgétaire qui atteint maintenant 10% du PIB. Selon le FMI et d'autres institutions, le ratio de la dette publique par rapport au PIB va dépasser 110% en 2015, alors qu'il était de 70% pour tous ces pays avant la crise. Enfin, dans la plupart d'entre eux le vieillissement de la population va alourdir à long terme la dette publique en raison des difficultés de financement des retraites et du coût croissant des soins de santé. 

C'est pourquoi les pays avancés doivent réduire leur déficit pour éviter un naufrage budgétaire. Mais nombre d'études, dont une récente du FMI, montrent qu'une hausse des impôts et une baisse des dépenses publiques ont à court terme un impact négatif sur la demande agrégée, ce qui renforce la tendance à la déflation et à la récession et s'oppose à la consolidation budgétaire.

Dans un monde idéal les responsables politiques s'engageraient de manière crédible sur des ajustements budgétaires à long terme et la meilleure solution serait qu'ils établissent un programme de réduction des dépenses et d'augmentation des impôts qui s'appliquerait progressivement au cours des 10 prochaines années, en synchronisation avec la reprise économique. De cette manière, si l'économie avait besoin d'un nouveau plan de relance budgétaire à court terme, les marchés financiers ne réagiraient pas par la hausse du coût des emprunts.