arbess3_Chip SomodevillaGetty Images_federal reserve treasuries Chip Somodevilla/Getty Images

C'est désormais l'inflation qui décide de la politique

NEW YORK – Conséquemment à la brusque hausse des prix qui touche nombre d’économies avancées, les banques centrales sont vivement critiquées pour s’être laissées aller et être « en retard » sur l’inflation. Mais ce n’est pas le cas. Les politiques publiques et la géopolitique ont empêché les banquiers centraux de normaliser leur politique monétaire avant que l’inflation ne fonde sur eux. Les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement chinoises et russes ont heurté de plein fouet la demande synthétique créée par les chèques que le département du Trésor a envoyés aux Américains.

La marge de manœuvre pour un resserrement monétaire qui n’entraînerait pas l’économie dans la récession (alors que les restrictions financières lui font déjà perdre de la vitesse) est très faible. Mais ne nous y trompons pas : ce sont les dirigeants politiques qui, par leurs (in)décisions, ont refermé la fenêtre d’opportunité d’un tel resserrement. C’est à eux qu’il incombe de résoudre les problèmes, en gardant à l’esprit les « 3 D », qui définissent l’environnement économique sur le long terme : la dette (en hausse), la démographie (caractérisée par le vieillissement) et la disruption technologique (qui déplace le travail et la demande). Dans ces conditions, une désinflation persistante est plus dangereuse qu’une inflation épisodique.

Rétrospectivement, il est évident que la Réserve fédérale des États-Unis et les autres banques centrales ont été contraintes par les directions politiques de retarder leurs mesures de normalisation (indispensables pour répondre efficacement à la prochaine crise) quand l’économie était encore forte, en 2018. Lorsque la pandémie a frappé, l’administration de l’ancien président Donald Trump et le Congrès ont été pris de panique, ordonnant au Trésor d’emprunter des milliers de milliards de dollars pour financer les versements directs aux ménages (economic impact payments) destinés à stimuler la demande des consommateurs. Puis, en 2021, l’administration nouvellement en poste du président Joe Biden a réitéré le dispositif.

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