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Les blocages de l'Europe contre les investissements à long terme

AMSTERDAM – L'un des grands défis de l'économie européenne est le manque de liquidités sur les marchés financiers. Depuis la crise financière mondiale de 2008, un grand nombre de nouvelles règles ont été mises en place. Afin de faciliter les investissements à long terme dont l'Europe a cruellement besoin, il serait sage de réévaluer l'environnement réglementaire plus vaste qui a émergé au cours des six dernières années.

Comme les banques hésitent à faire de nouveaux prêts, des institutions comme les fonds de pension sont bien placées pour répondre à cette énorme demande de capitaux. En effet, l'épargne des salariés qui ne vont probablement pas partir à la retraite avant plusieurs décennies est particulièrement bien adaptée à des investissements à long terme. Le problème, dans de nombreux cas, est celui d'un ensemble de réglementations visant à assurer la stabilité des marchés financiers, et qui fait obstacle à la capacité des caisses de retraite et à d'autres organismes d'allouer cette épargne facilement et avec efficacité.

Il ne faut pas sous-estimer l'importance d'une réglementation appropriée. Bien conçue et bien appliquée, elle assure la stabilité financière, maintient (et en cas de besoin restaure) la confiance sur les marchés et facilite les investissements à long terme, aidant ainsi les citoyens à répondre à leurs besoins financiers futurs. Mais si la réglementation n'est pas bien adaptée aux différents types d'acteurs du marché ni à la manière dont ces marchés fonctionnent réellement, elle peut tuer dans l'œuf les opportunités qui dans d'autres cas de figure auraient pu bénéficier aux investisseurs et à l'économie.

Les nouvelles exigences de marge sur les produits dérivés, introduites afin de réduire le risque systémique, sont un exemple d'un goulet d'étranglement de cette sorte. Il serait judicieux de les appliquer à des banques ou à des fonds spéculatifs, mais les fonds de pension sont des institutions très solvables qui posent peu sinon aucun risque systémique pour les marchés financiers. Les obliger à mettre des actifs de côté à des fins de garantie ne fait qu'évaporer du capital qui pourrait être utilisé dans des investissements à long terme.