sachs322_Rafael Briceño SierraltaNurPhoto via Getty Images_trumpvenezuelaoilUSsanctions Rafael Briceño Sierralta/NurPhoto via Getty Images

Des sanctions économiques américaines inacceptables en pleine pandémie

NEW YORK – Ces dernières années, l’administration du président américains Donald Trump a unilatéralement imposé des sanctions économiques sévères à plusieurs pays dont elle entendait punir le gouvernement. Ces mesures sont inhumaines, elles enfreignent le droit international, et causent douleur et souffrance dans des populations que les États-Unis prétendent vouloir aider. Le monde entier étant actuellement confronté à la pandémie de COVID-19, les sanctions américaines deviennent par ailleurs une menace directe pour la survie de la population des pays concernés – comme de tous les autres. Elles doivent être levées immédiatement.

Ce n’est un hasard si l’Iran et le Venezuela, deux pays ciblés par les États-Unis, sont si durement frappés par la pandémie. L’Iran représente seulement 1,1 % de la population mondiale, et enregistre pourtant un nombre effroyable de décès liés au COVID-19, à savoir 11,2 % des décès causés par le virus à travers le monde, de même que le Venezuela semble au bord d’une épidémie absolument massive, à en juger par la propagation rapide de la maladie depuis le premier diagnostic dans ce pays il y a 12 jours.

Les sanctions américaines ont fragilisé les infrastructures sanitaires de ces deux pays, en réduisant leur accès aux devises étrangères ainsi que leur capacité à importer des intrants médicaux essentiels. Au Venezuela, plusieurs études démontrent que les sanctions dans les secteurs financier et pétrolier ont coûté à l’économie vénézuélienne au moins 17 milliards $ par an depuis 2017, soit plus de quatre fois le niveau des importations non pétrolières dans le pays. Bien que les sanctions soient loin de constituer la seule cause de l’effondrement de l’économie, elles ont été le facteur majeur de la contraction massive de 2019, lors de laquelle le Venezuela a perdu un tiers de son PIB. Comme l’a souligné avec inquiétude en août dernier Michelle Bachelet, haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, les sanctions « sont extrêmement larges, et ne prévoient pas de mesures permettant de limiter leur impact sur les catégories les plus vulnérables de la population », avec « des conséquences majeures notamment pour le droit à la santé et à l’alimentation ».

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