Soif d’épuration politique en Corée du Nord

PÉKIN – Nul ne peut prédire ni quand, ni comment le régime nord-coréen prendra fin. Coup d’État militaire ou révolution de palais, soulèvement des travailleurs ou révolte paysanne, conséquence d’une défaillance économique ou simple conséquence de l’état de fait caractérisant le pays tout entier, impossible à ce jour de savoir quel sera le déclencheur de cet effondrement. Une chose est en revanche certaine s’agissant de la disparition de la dynastie Kim : la Chine est vouée tôt ou tard à prendre ses distances avec elle.

Il est toujours difficile d’évaluer ce qu’il se passe en Corée du Nord, le pays semblant considérer sa propre opacité comme un véritable atout de sécurité nationale – allant jusqu’à faire planer le doute chez les observateurs étrangers autour de questions aussi insignifiantes que la date d’anniversaire précise de l’actuel dirigeant Kim Jong-un.

La transparence a en revanche été totale autour de la soudaine épuration ayant ce mois-ci abouti à la mise à mort expéditive de Jang Song-thaek – ou « oncle Jang, » si l’on reprend le qualificatif utilisé par les médias pour désigner cet ancien régent de Kim, pourtant pas si avunculaire que cela. Cet hyper-bureaucrate de 67 ans avait récemment été extirpé par deux gardes de sécurité de son siège du premier rang lors d’une récente réunion du politburo, avant d’être escorté hors de la salle. En l’espace de seulement quelques jours, il sera jugé, condamné et exécuté – un modèle de justice ô combien efficace. Il s’agit de « tuer le poulet pour effrayer le singe, » nous enseigne un proverbe asiatique ancestral. Mais après tout pourquoi s’embêter avec le poulet lorsqu’il suffit de tuer le singe ?

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