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Neutraliser l'Ukraine

LONDRES – Bien que personne ne s'imagine que un cessez-le-feu à Gaza ne réussisse en soi à produire une percée déterminante dans le conflit israélo-palestinien, les États-Unis et d'autres gouvernements concernés continuent de travailler sans relâche pour arrêter les combats. Pourtant, quand il s'agit de l'escalade du conflit dans l'Est de l'Ukraine, les puissances extérieures impliquées, à savoir les États-Unis, l'Union européenne et la Russie, non seulement ne parviennent pas à un cessez-le-feu, mais refusent en outre de rechercher une solution qui contrairement au cas d'Israël et de la Palestine est à portée de main.

Tout ce qui manque est l'introduction dans la constitution de l'Ukraine d'une disposition qui empêche de manière significative l'adhésion à une alliance militaire, issue de l'OTAN ou de l'Organisation du Traité de sécurité collective sous l'influence de la Russie de la Communauté des États Indépendants. Par exemple, la décision d'adhérer à une telle alliance, ou même de mettre en œuvre un accord qui permette à un pays étranger de baser ses troupes sur le sol ukrainien, pourrait nécessiter l'approbation d'une majorité qualifiée d'environ deux tiers des électeurs ou des assemblées législatives régionales.

L'introduction d'une telle requête reviendrait à accorder un droit de veto aux deux camps de l'Ukraine, à l'Est du pays, plutôt aligné sur la Russie et à l'Ouest qui penche plutôt pour le camp de l'OTAN. Le résultat pratique, d'une Ukraine qui reste non alignée en termes militaires et de sécurité, refléterait la volonté de l'ensemble de la population ukrainienne.

Cette approche serait compatible avec le principe mis en avant par le président américain Barack Obama lors de l'annonce de la dernière série de sanctions contre la Russie le mois dernier, d'autoriser l'Ukraine à « choisir sa propre voie. » Cela aiderait surtout le peuple ukrainien, divisé entre des identités intrinsèquement antagonistes, à vivre ensemble dans la paix.