0

La Chine doit mettre fin à une économie à deux vitesses

HONG KONG – Le ralentissement de l'économie chinoise est tel qu'il va lui être difficile d'éviter un atterrissage brutal. Le succès des dirigeants politiques dépendra de leur capacité à répondre aux défis que pose une économie à deux vitesses aux divergences de plus en plus marquées.

Les dernières statistiques annuelles soulignent le danger. En 2014 l'indice des prix à la consommation a baissé de 0,8%, celui des prix à la production de 4,3%, les exportations ont diminué de 3,3%, les importations de 19,9% et la croissance de la masse monétaire M2 [billets et dépôts] a baissé de 1,4%.

Par ailleurs le yuan est soumis à des pressions à la baisse, en partie liées au redémarrage de l'économie américaine, ce qui a alimenté les sorties de capitaux. Etant donné l'effondrement des bénéfices industriels (ils ont chuté de 12,2% en 2013 à 3,3% en 2014) et des revenus des autorités provinciales tirés de la vente de terrains (ils ont baissé de 37% l'année dernière), le cycle déflationniste actuel pourrait amorcer une crise de la dette des entreprises et des gouvernements provinciaux.

La Chine espère assurer son développement économique à long terme en passant d'une économie étatique à une économie de marché. Mais ce processus engendre de fortes divergences entre le bilan des entreprises privées et celui beaucoup moins bon des entreprises nationalisées (qui accèdent plus facilement au crédit). Et dans l'immobilier l'écart de prix se creuse entre les villes de troisième et quatrième rang qui sont à la traîne et les villes prospères de premier et deuxième rang. Dans ces dernières, paradoxalement, bien qu'il soit plus cher, le logement est plus accessible en raison des revenus plus élevés des ménages.