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L'Italie va-t-elle survivre à Berlusconi ?

Si l'Histoire semble ranger Silvio Berlusconi dans la catégorie des Premiers ministres italiens de deuxième ordre, il laissera malgré tout le souvenir d'un Premier ministre hors de l'ordinaire et des plus bizarre. Faire une promesse, mais en tenir une autre a plutôt été un principe d'action gouvernementale qu'une faiblesse.

Etant donné son caractère imprévisible, il n'est guère surprenant que depuis l'élection de 2001 qui l'a ramené au pouvoir, la coalition de centre-gauche l'Unione ait remporté toutes les élections qui ont suivi (élections administratives, régionales et européennes). Mais le succès de la gauche pour les prochaines élections législatives n'est pas assuré et le sort de Berlusconi n'est pas encore scellé.

Etant donné la situation économique du pays, on pourrait croire l'Italie mûre pour le changement. Depuis quatre ans, le revenu moyen n'a augmenté que de 0,3% par an, alors qu'il a augmenté en moyenne de 1,5% dans l'Union européenne, et depuis deux ans la dette publique a recommencé à se creuser.

La stratégie de la coalition de centre-droit de Berlusconi, la Casa della Libertà, a consisté à ne rien faire en attendant que l'économie européenne se redresse, au lieu de traiter les difficultés structurelles de l'Italie. C'est pourquoi ce ne sont pas seulement les syndicats qui critiquent le gouvernement, mais aussi l'organisation patronale Cofindustria qui avait pourtant mis tout son poids derrière Berlusconi en 2001.