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Bolivie : les révolutions se suivent et se ressemblent

La Bolivie est à un tournant de son histoire. Elle vient de découvrir une nouvelle source de richesse, du gaz naturel, mais pourrait être la nouvelle victime de ce qu'on appelle la “malédiction des ressources naturelles.” Aveuglés par leur désir d'embrasser des politiques de développement qui se sont pourtant avérées vouées à l'échec, tous les candidats de l'élection présidentielle prévue pour le 18 décembre semblent tout à fait ignorants de ce risque.

Il s'agit pourtant d'un risque considérable. Les preuves ne manquent pas qui montrent qu'aucun pays n'a jamais été capable de développer une économie forte et juste basée sur les exportations de minéraux ou de pétrole. Il est prouvé que fonder une économie sur des ressources naturelles ralentit la croissance économique et répand la pauvreté et les inégalités.

Inutile d'examiner des pays d'Afrique ou du Moyen-Orient pour comprendre le problème. L'expérience même de la Bolivie suffit. Les montagnes d'argent du Potosi et d'étain de l'Oruro ont disparu, sans laisser de trace de développement ou de bien-être derrières elles. Blâmer les conquérants espagnols ou les empires économiques du vingtième siècle ne peut masquer le fait que d'énormes sommes d'argent ont financé des gouvernements corrompus, des administrations inefficaces, des projets de “développement” aussi grands qu'inutiles comme des usines industrielles ou de traitement des minerais, ou une grande variété de subventions pour acheter de grands groupes d'intérêts.

Plus de 50 billions de mètres cubes de gaz naturel et des espérances trompeuses sont sur le point de recréer ce schéma de sous-développement en Bolivie. Les exportations n'ont pas encore commencé que la menace de la malédiction des ressources naturelles plane déjà.