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Angela Bismarck Thatcher

BERLIN –  Le récent sommet de l'UE s'est conclu par un compromis typiquement européen sur la crise financière de la Grèce, le type de compromis qui évite le terme de "solution" et se cache derrière l'idée de "mécanisme". On verra en avril s'il fonctionne, au moment où la Grèce devra refinancer une fois de plus sa dette.

La chancelière allemande Angela Merkel a eu gain de cause en exigeant que le FMI participe au plan de sauvetage de la Grèce si cela se révélait nécessaire. La décision finale requiert comme dans le passé l'unanimité au sein des organismes européens, autrement dit elle reste sous le contrôle de l'Allemagne.

Pendant ce temps le président Sarkozy a obtenu la participation de la zone euro à un plan de sauvetage pour la Grèce. Cela suppose que l'Allemagne débourse jusqu'à 4 milliards d'euros et - anathème ! - de facto la fin de l'interdiction des plans de sauvetage, interdiction stipulée par l'article 125 du traité de Maastricht, malgré beaucoup de contorsions verbales pour "prouver" que l'accord sur la Grèce n'y contrevient pas. Sarkozy voulait aussi, et a obtenu, une plus grande coordination économique à l'intérieur du Conseil européen. L'exclusion des membres qui violent le traité de Maastricht passe à la trappe.

Si ce n'est quelques éléments additionnels mineurs, la résolution du Conseil européen ne diffère des précédents compromis que sur un point : la participation du FMI. Si l'Allemagne avait besoin de l'implication du Fonds pour sauver la face sur le plan intérieur et si elle voulait respecter la décision de sa Cour Constitutionnelle, fallait-il qu'elle sème un désordre sans parallèle simplement pour aboutir à ce résultat ? Tout le monde aurait pu accepter de plus ou moins bon gré ce compromis, c'est la confrontation politique qui l'a précédé qui a rendu son aboutissement aussi difficile. Cette confrontation provoquée par Merkel (honte à vous si vous y voyez un rapport avec les prochaines élections en Allemagne) a changé l'UE pour toujours.