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Le boom risqué du crédit en Chine

HONG KONG – Le crédit en Chine se développe à un rythme effréné, ayant augmenté de 125% du PIB en 2008 à 215% en 2012. Parallèlement, la dette des administrations locales a bondi de 70% depuis 2009, pour atteindre près de 3 billions de dollars en juin dernier. Cela soulève de graves préoccupations concernant le niveau de risque présent dans le système financier chinois.

La croissance rapide du crédit en Chine reflète la décision du gouvernement d'assouplir les restrictions sur les investissements, ainsi que les taux d'intérêt très bas du secteur bancaire formel. Depuis 2000, le taux de dépôt à terme fixe d'un an est resté confiné entre 2 et 4%, à peu près égal au taux d'inflation à la consommation. Le taux prêteur du système bancaire formel – qui fournit des crédits à la plupart des entreprises publiques, des emprunteurs hypothécaires urbains et des projets du gouvernement – est également resté relativement stable, entre 5,5 et 7%.

Sans surprise, la combinaison du crédit facile, de la faiblesse des taux officiels et de la forte demande a fait bondir les prix de l'immobilier de 300 à 500% dans certaines villes chinoises au cours de la dernière décennie. Cela a conduit à une large distribution de richesse, étant donné que 80% des ménages urbains sont propriétaires de leur logement. Cependant, l'accès au crédit bon marché reste un privilège réservé à un groupe restreint, qui a amassé biens mobiliers et immobiliers, pendant que les nouveaux entrants sur le marché du travail et les entreprises de petite et moyenne taille luttaient pour obtenir du crédit à des taux raisonnables.

Les autorités chinoises, reconnaissant que l’excès de crédit a créé des déséquilibres économiques internes, ont entamé un resserrement monétaire depuis 2010, qui a ralenti le rythme de croissance de la masse monétaire de plus de 25% en 2009 à moins de 14% l'an dernier. Avec une croissance du nouveau crédit de seulement 9,7% en 2013, les conditions de liquidité interbancaire se sont considérablement resserrées en juin et en décembre, avec les taux interbancaires moyens atteignant des pics d’environ 12% et 9%, respectivement.