Chris Van Es

La puissance américaine après Ben Laden

OXFORD – Quand la puissance d'un pays est prépondérante, on parle d'hégémonie. Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes considérant la diminution de l'influence des USA dans un Moyen-Orient en pleine révolution et la montée en puissance d'autres pays évoquent le déclin de "l'hégémonie américaine". Mais le terme prête à confusion, la puissance ne suffit pas toujours à diriger les événements à sa guise. Même la mort récente de Ben Laden entre les mains des forces spéciales américaines n'indique rien en ce qui concerne l'évolution de la puissance des USA.

Pour comprendre pourquoi, examinons la situation après la Deuxième Guerre mondiale. Les USA comptaient pour un tiers de la production mondiale et avaient une prépondérance énorme dans le domaine de l'armement nucléaire. On considérait qu'il s'agissait d'une hégémonie mondiale. Pourtant ils n'ont pu empêcher la "perte" de la Chine, le communisme en Europe de l'Est, l'impasse dans la guerre de Corée, leur défaite face au Vietcong et à Cuba ils n'ont pu renverser le régime de Castro.

Même à cette époque d'hégémonie supposée des USA, seulement 20% de leurs tentatives visant à imposer des changements à d'autres pays par la menace d'une intervention militaire ont réussi, et les sanctions économiques ont abouti dans seulement 50% des cas. Pourtant beaucoup d'observateurs estiment que leur prépondérance est hégémonique et qu'elle est sur son déclin comme la Grande-Bretagne avant elle. Une partie de l'opinion publique américaine réagit émotionnellement à cette perspective, pourtant c'est fermer les yeux devant l'Histoire que de croire la situation figée pour l'éternité.

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